J’existe – Le combat pour la visibilité

J’existe – Le combat pour la visibilité est un événement organisé par le CFEP à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, en collaboration avec PointCulture, le 11 mars 2022. Il s’agissait d’une projection et d’une exposition (visible du 11 au 31 mars 2022), ainsi que d’animations CFEplay.

L’objectif de l’événement était de mettre en valeur les différents projets réalisés par les femmes fréquentant le CFEP dans le cadre des Ateliers de l’Égalité et de la Citoyenneté (AEC), à savoir :

– « J’existe » : photographies sur la thématique des « étranger.e.s à Bruxelles », réalisées avec les participantes des AEC 2016

– Le CFEplay : jeu de société géant autour des thématiques de l’émancipation des femmes, les violences, l’interculturalité, la durabilité et la Belgique, réalisé avec les participantes des AEC 2018

– « Sésame, ouvre-toi » : film documentaire autour de la thématique des femmes sans-papiers à Bruxelles réalisé par les participantes des AEC 2019. La projection était suivie d’un débat avec Eva Jimenez Lamas, responsable à la CSC Bruxelles des Migrant.e.s/Action des Travailleur.euse.s Migrant.e.s avec et sans papiers et de la lutte contre le racisme, et Maître Bruno Dayez, avocat spécialisé en droits des étranger.e.s et intervenant dans le documentaire.

La soirée s’est clôturée avec des témoignages de femmes sans-papiers sur leur parcours. Ces témoignages ont été filmés dans le but d’interpeller Sammy Mahdi, alors Secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration.

Bénédicte Linard, Ministre de la Culture, de l’Enfance, des Droits des femmes, de la Santé et des Médias au gouvernement de la Communauté française, était également présente à cette soirée.

Nous vous proposons une vidéo reprenant certains moments-clés de l’événement.

Plus d’infos sur l’expo, le CFEplay et le documentaire ?

La charge mentale – Spectacle d’improvisation

Le 17 mars 2023, le CFEP organisait un spectacle d’improvisation théâtrale sur le thème de la charge mentale, intitulé « La charge mentale : stop ou encore ? ». Performé par la Compagnie Tadam, il se déroulait dans le cadre magnifique du Musée Charlier. Il s’est mis en place avec le soutien de la commune de Saint-Josse-ten-Noode et de la COCOF.

La charge mentale désigne le poids psychologique porté en permanence par les personnes en charge de planifier l’ensemble de la vie domestique, c’est-à-dire en grande majorité les femmes dans nos sociétés. Il est en effet attendu socialement des femmes qu’elles gèrent l’ensemble de la vie de couple, familiale, privée ; qu’elles planifient (et effectuent encore majoritairement) les tâches ménagères, coordonnent les activités de la famille, pensent à toute la logistique du ménage, prennent soin de tout le monde, y compris d’elles-mêmes en fonction des injonctions dont elles font l’objet en tant que femmes… Et cela éventuellement en plus de leurs préoccupations professionnelles si elles travaillent.

Le CFEP voulait mettre cette problématique en avant en passant par l’humour et l’absurde, à travers l’improvisation théâtrale. Et la Compagnie Tadam a su, le temps d’une soirée, nous offrir un espace de lâcher-prise pour prendre du recul et amener une réflexion sur le sujet, en partant des expériences du public. Un moment fort, parlant, très amusant et convivial !

Nous vous proposons une capsule vidéo pour vivre ou revivre certains passages phares de cette soirée. Bon visionnage !

Pour découvrir la Compagnie Tadam : https://www.tadam.be/

Vers la site Web du Musée Charlier : http://www.charliermuseum.be/fr/index.php

Colloque Grossesses et maternités – overview

Un colloque Grossesses et maternités se tenait au Sénat le jeudi 9 février dernier. Le Conseil des Femmes Francophones de Belgique et le Centre d’Action Laïque l’ont organisé, dans le cadre de la Semaine des droits des femmes.

Le CFEP y a assisté. Nous souhaitions faire un tour d’horizon des principales données qui ont particulièrement attiré notre attention durant cette journée de travaux.

Il y était question de l’autonomie de décision des femmes concernant leur maternité en Belgique, qu’il s’agisse d’un refus ou d’une trajectoire de grossesse. On a également discuté de certains éléments de la législation en la matière. Le colloque rassemblait des professionnel‧le‧s très divers‧es : gynécologues, médecins, travailleur‧euse‧s en plannings familiaux, juristes, avocat‧e‧s, etc.

Qu’en est-il de l’IVG en Belgique ?

Etat des lieux

L’interruption volontaire de grossesse n’est pas encore totalement dépénalisée chez nous. On peut avorter légalement jusqu’à la 12ème semaine de grossesse, ou au-delà pour des raisons médicales seulement. Il existe pourtant des cas où l’on dépasse ce délai, pour diverses raisons propres aux parcours des femmes concernées. Alors, la solution peut être de partir avorter ailleurs. Par exemple aux Pays-Bas (délai de 24 semaines légalement, plutôt de 20 ou 22 semaines en pratique).

Mais cette dernière démarche n’est pas permise à toutes, pour des raisons financières, de régularité du séjour en Belgique, etc… Et crée donc des inégalités. Ce délai légal pour pratiquer une IVG peut donc conduire certaines femmes à mener à terme une grossesse non désirée.

De plus, un délai de réflexion de 6 jours est encore obligatoire chez nous entre une première consultation pour une IVG et le moment où on la réalise effectivement. Pour les praticien‧ne‧s présent‧e‧s au colloque Grossesses et maternités, ce délai est absurde. En effet, il allonge encore la période d’angoisse des femmes jusqu’à l’IVG. Or, leur temps de réflexion a en fait souvent commencé depuis plusieurs semaines, dès qu’elles ont appris leur grossesse.

On note que l’avortement peut se faire par une intervention médicale (aspiration) ou par voie médicamenteuse. Cette dernière méthode peut se réaliser en partie à domicile. La sécurité sociale rembourse l’IVG en Belgique.

IVG et approche de genre

En fait, les intervenant‧e‧s rappellent que la grossesse est encore largement perçue comme naturelle dans nos sociétés, alors que l’IVG fait débat. Ainsi, on ne prend jamais le temps d’avertir une femme enceinte sur les risques inhérents à sa grossesse. Par contre, on a l’obligation de l’informer des risques d’une IVG. On survalorise le fait d’être mère et on stigmatise les femmes qui n’ont pas envie de l’être, alors que la maternité amène dans la vie d’une femme tout un ensemble de difficultés sur lesquelles il semble légitime de réfléchir. Mais de toute façon, l’idée essentielle qui ressort de ce colloque est que la décision doit revenir aux femmes elles-mêmes. Et non à la société et ses attentes de genre qui prennent position à leur place.

L’IVG s’inscrit dans la lutte pour les droits des femmes. Or, ces droits ne sont jamais acquis, et peuvent fluctuer avec l’actualité, comme on l’a récemment constaté aux Etats-Unis ou en Afghanistan. Pour la Belgique, il est essentiel de faire de l’avortement un champ d’action politique. Il faut lever les tabous à ce sujet, déstigmatiser la pratique, normaliser (sans banaliser) l’IVG comme un acte de santé publique. Et ouvrir le champ des possibles quant aux trajectoires de vie que les femmes peuvent se choisir.

Quelques considérations sur les maternités

Des grossesses par et pour les femmes

Pour ce qui est des femmes qui désirent être mères, les intervenant‧e‧s du colloque ont étudié plusieurs questions. Il s’agit avant tout de favoriser la participation active des femmes au suivi de leur grossesse. Les praticien‧ne‧s se doivent de leur fournir des informations appuyées scientifiquement et mises à jour. Les patientes doivent pouvoir s’en servir pour faire leurs propres choix éclairés tout au long de leur trajectoire de grossesse, puisque c’est leur corps que ces choix concernent. Il s’agit de pouvoir faire valoir leurs droits, sans déléguer intégralement et aveuglément la gestion de leur grossesse aux professionnel‧le‧s de la santé.

Cette autonomisation des femmes passe par un accent davantage mis sur le facteur humain dans les formations des médecins et le mode de tarification de l’INAMI. Les professionnel‧le‧s plaident, en effet, pour plus de temps, et de meilleure qualité, passé avec leurs patientes en consultation. La figure de la sage-femme doit également être davantage valorisée et impliquée dans le processus. Ces éléments augmentent la possibilité d’informer et d’accompagner correctement les patientes.

Grossesses et risques

Cette importance de l’information et du consentement des femmes enceintes permet de rappeler l’existence des violences (gynécologiques) obstétricales. En effet, celles-ci peuvent se manifester notamment tout au long d’un parcours d’accompagnement de grossesse. Selon la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée (2022), ces violences concernent « tout acte médical, posture, intervention non approprié ou non consenti » de la part du personnel de santé. Elles peuvent donc inclure des actes ou des traitements non justifiés par les recommandations des organismes de santé, une non-reconnaissance de la douleur des patientes, des propos déplacés ou humiliants, des actes réalisés sans en informer la patiente, etc. La Plateforme ajoute que ces violences concernent une femme sur cinq. Et le ratio augmente si la patiente a une couleur de peau qui fait l’objet de discriminations ou si elle a un niveau d’études secondaire, par exemple.

En outre, la grossesse est une condition qui favorise l’augmentation des violences conjugales.

Enfin, la situation bruxelloise amène des difficultés particulières dans la prise en charge des femmes enceintes. En effet, un enfant sur quatre va naître dans la pauvreté à Bruxelles. Or, une situation de précarité fait passer la santé au second plan dans les priorités des personnes qui la vivent. Cela diminue l’efficacité des campagnes de prévention autour de la grossesse et la parentalité. De plus, environ 70% des femmes bruxelloises qui arrivent à l’accouchement sont d’origine étrangère. Cela peut représenter un défi supplémentaire lorsqu’il s’agit de s’assurer des bonnes information et compréhension de la patiente dans son suivi de grossesse.

Plus d’infos sur le colloque Grossesses et maternités auprès du Centre d’Action Laïque : https://www.laicite.be/evenement/grossesses-et-maternites/

Vers le site de la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée, d’où sont extraites les informations sur les violences obstétricales : https://www.naissancerespectee.be/sos-violence/

Explorez d’autres sujets de société au prisme de l’approche de genre

Emploi, genre et diversité – vidéos

Le 15 décembre 2022, le CFEP organisait une conférence sur la thématique Emploi, genre et diversité. Emilie Brébant, anthropologue et formatrice en prise de parole publique, y a analysé les constructions sociales de genre que révèlent les mécanismes de prise de parole en public et d’éloquence. Elle a également proposé des outils pour amener une meilleure représentation des femmes dans ce domaine. Joelle Jablan, consultante et formatrice diversité et inclusion en entreprise, nous a parlé des inégalités de genre en termes de santé dans le monde du travail. Elle a aussi énuméré quelques pratiques inspirantes pour mieux tenir compte des spécificités biologiques et sociales des femmes dans les entreprises.

Personne devant un ordinateur, bloc-notes, et tasse de café

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