« Personne n’éduque personne » Notre vision de l’éducation permanente

À l’occasion de ses 70 ans, le CFEP souhaite prendre un temps de recul et de réflexion sur sa pratique de l’éducation permanente. Cet article vise à partager le cadre de référence qui guide aujourd’hui nos actions, en interrogeant nos héritages, nos positionnements et les enjeux contemporains liés à l’émancipation, au développement de l’esprit critique et à la participation citoyenne.
La spécificité du CFEP réside notamment dans son travail auprès de femmes, à travers des espaces d’éducation permanente conçus comme des lieux sécurisés de parole, de réflexion et de construction collective. Les ateliers consacrés à l’égalité et à la citoyenneté, organisés en non-mixité, s’inscrivent dans une démarche attentive aux rapports sociaux de genre et aux inégalités structurelles qui traversent les parcours de vie. Cette approche tient compte de la pluralité des expériences, des trajectoires sociales et des héritages culturels qui façonnent les vécus des participantes.

Une démarche critique, réflexive et émancipatrice

Inscrite dans le cadre du décret de l’éducation permanente de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’action du CFEP s’ancre dans une conception de l’éducation pensée comme un processus à la fois culturel et politique, visant le développement de l’esprit critique et la transformation sociale. Cette démarche s’inscrit dans l’héritage de l’éducation populaire et des pédagogies critiques, lesquelles conçoivent l’émancipation non comme un savoir transmis de manière descendante, mais comme un processus collectif construit à partir des expériences vécues.
Dans la continuité des travaux de Paulo Freire, nous considérons que nul ne peut prétendre éduquer ou émanciper autrui. Les individus sont des sujets de savoirs, porteurs de lectures du monde façonnées par leurs trajectoires sociales, culturelles et politiques. Dès lors, l’éducation permanente ne saurait se réduire à une transmission de contenus ou de normes, mais se déploie comme un espace d’appropriation critique des réalités sociales.

Une posture réflexive face aux rapports de domination

Dans notre pratique, le travail d’éducation permanente commence par une réflexivité interne. En tant que travailleuses du CFEP, qu’il s’agisse des formatrices, des animatrices, de la coordinatrice ou des administratrices, nous sommes amenées à interroger nos propres positions sociales et professionnelles. Les statuts, les diplômes et la reconnaissance institutionnelle associés à ces fonctions peuvent, parfois de manière invisible, produire des rapports asymétriques avec les publics accompagnés.

Les apports de la sociologie critique, et en particulier ceux de Pierre Bourdieu relatifs aux mécanismes de reproduction sociale et de domination symbolique, nous invitent à demeurer attentives aux formes de pouvoir qui traversent les dispositifs éducatifs, y compris lorsque ceux-ci se revendiquent émancipateurs. Cette vigilance suppose de questionner en permanence nos cadres de pensée, nos pratiques pédagogiques et les implicites culturels qui les sous-tendent.

Dans un contexte européen marqué par des héritages coloniaux toujours actifs, cette réflexion s’élargit à une posture décoloniale, attentive aux rapports de savoirs, à la hiérarchisation des cultures et à la légitimation différenciée des voix. Il s’agit alors de reconnaître que certains savoirs académiques, institutionnels et occidentaux ont été historiquement valorisés au détriment d’autres formes de connaissances, issues notamment de l’expérience, de la migration ou de trajectoires de précarité.

Accès à l’information, esprit critique et pouvoir d’agir

Conformément aux objectifs décrétaux, l’action du CFEP vise à favoriser l’accès à l’information, à des outils d’analyse critique et à des espaces de dialogue. Cette démarche a pour finalité de permettre aux participantes de mieux comprendre les mécanismes sociaux, économiques et politiques qui structurent leurs conditions de vie.
Toutefois, dans un contexte marqué par des transformations profondes des modes d’accès à l’information et de production des savoirs, transformations liées notamment au développement exponentiel du numérique, cet accès ne peut être pensé de manière exclusivement quantitative.

Comme l’a montré la chercheuse Divina Frau-Meigs, les environnements numériques reconfigurent en profondeur les conditions de circulation de l’information, en influençant à la fois sa visibilité, sa hiérarchisation et les pratiques interprétatives des publics. Loin de garantir automatiquement un élargissement de la compréhension du monde social, la surabondance informationnelle, la circulation accélérée des contenus et la mise à égalité de discours hétérogènes peuvent produire des formes de saturation cognitive et émotionnelle susceptibles d’entraver la compréhension des enjeux et l’engagement citoyen.


Le numérique, loin d’être un champ autonome ou isolé de l’éducation permanente, traverse l’ensemble des pratiques sociales et éducatives, reconfigurant les rapports à l’information et appelant, de ce fait, une prise de position explicite de l’éducation permanente. Une orientation de l’action s’impose ainsi naturellement, non pas en multipliant les savoirs transmis, mais en renforçant les capacités d’analyse, de mise à distance critique et de décodage de l’information. Il s’agit d’apprendre à interroger les conditions de production des contenus médiatiques, les cadres économiques et idéologiques dans lesquels ils s’inscrivent, les logiques de pouvoir qu’ils mobilisent ainsi que les effets qu’ils produisent sur les représentations sociales. Développer l’esprit critique implique, dans cette perspective, de déconstruire les mécanismes contemporains de la saturation médiatique, d’identifier les stratégies de diversion et de reconnaître les émotions mobilisées, afin de redonner du sens à l’information. Sans constituer l’unique horizon de l’éducation permanente, cet enjeu apparaît aujourd’hui comme un axe structurant du renforcement du pouvoir d’agir dans un espace public profondément reconfiguré par le numérique.


Ce travail s’inscrit pleinement dans une perspective de renforcement du pouvoir d’agir, entendu comme la capacité des individus et des groupes à interpréter le monde et à y intervenir. À l’instar de Christian Maurel, nous considérons que l’émancipation procède d’un apprentissage situé, ancré dans l’action et dans l’expérience collective, où chaque personne est reconnue comme une singularité agissante.

Des transformations individuelles vers des dynamiques collectives

Les transformations sociales auxquelles aspire l’éducation permanente supposent un travail préalable de transformation individuelle. La prise de conscience, la mise en mots de son vécu et la compréhension des rapports de domination ainsi que des inégalités structurelles constituent des étapes essentielles de ce processus.
Ces cheminements singuliers ouvrent progressivement la voie à des dynamiques collectives, au sein desquelles les expériences individuelles se rencontrent, se confrontent et se transforment en analyses partagées. C’est à partir de cette articulation entre l’individuel et le collectif que peuvent émerger des formes d’engagement citoyen et de transformation sociale.

Une démarche transversale au cœur de nos actions

Cette conception de l’éducation permanente traverse l’ensemble des activités du CFEP. Les ateliers consacrés à l’égalité et à la citoyenneté constituent des espaces privilégiés de co-construction de savoirs critiques. De la même manière, les cours de FLE, les ateliers informatiques, les conférences et les ateliers bien-être participent à cette démarche globale, en articulant apprentissages, autonomie, accès aux droits et participation citoyenne.
Plutôt que de compartimenter les actions, l’éducation permanente est ainsi pensée comme un fil conducteur transversal, attentif aux réalités des publics, à leurs imaginaires et à leurs identités multiples.

Une pratique en tension et en mouvement

L’éducation permanente ne peut être envisagée comme un modèle stabilisé. Elle implique une évaluation continue, une remise en question régulière des pratiques et une attention constante aux évolutions sociétales et politiques. Dans un contexte marqué par la précarisation croissante et la restriction des droits, elle demeure un espace de résistance et de construction collective.
Comme le rappelait Paulo Freire, « personne ne libère personne, personne ne se libère seul ; les êtres humains se libèrent ensemble dans et par le monde ». Le CFEP s’inscrit pleinement dans cette conception en portant une ambition d’émancipation collective, envisagée comme un processus partagé, exigeant, situé et intrinsèquement politique.

Bibliographie

Ouvrages et articles

Freire, P. (1974). Pédagogie des opprimés. Paris : Maspero.
→ Ouvrage fondateur des pédagogies critiques, posant le principe selon lequel l’émancipation est un processus collectif et non une transmission descendante.
Maurel, C. (2010). Éducation populaire et puissance d’agir : les processus culturels de l’émancipation. Paris : L’Harmattan.
→ Analyse centrale sur l’éducation populaire comme apprentissage situé, ancré dans l’action collective et l’expérience vécue.
Bourdieu, P. & Passeron, J.-C. (1970). La reproduction. Éléments pour une théorie du système d’enseignement. Paris : Minuit.
→ Référence incontournable sur les mécanismes de reproduction sociale et de domination symbolique dans les dispositifs éducatifs.
Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. Paris : Gallimard.
→ Apports essentiels à la compréhension des rapports de pouvoir, des normes et des dispositifs institutionnels.
Frau-Meigs, D. (2019). Créativité, éducation aux médias et à l’information, translittératie : vers des humanités numériques. Quaderni, 98(1), 87-105.
→ Analyse des transformations des pratiques informationnelles à l’ère numérique et des enjeux de l’éducation aux médias et à l’information pour le développement de l’esprit critique et de la citoyenneté, largement mobilisée dans les politiques éducatives européennes.
Mezirow, J. (2001). Learning as Transformation. San Francisco : Jossey-Bass.
→ Approche de l’apprentissage transformationnel, mettant en évidence les processus de prise de conscience critique chez l’adulte.

Éducation permanente et cadre institutionnel

Fédération Wallonie-Bruxelles (2018). Circulaire ministérielle relative à l’éducation permanente.
→ Repères institutionnels sur les enjeux, impacts et finalités des actions EP.
Fédération Wallonie-Bruxelles (2003). Décret relatif au soutien de l’action associative dans le champ de l’éducation permanente.
→ Texte de référence définissant les objectifs de développement de l’esprit critique et de transformation individuelle et collective.

Postures critiques et décoloniales

Quijano, A. (2007). Colonialité du pouvoir, eurocentrisme et Amérique latine. Paris : Amsterdam.
→ Conceptualisation de la colonialité du pouvoir, utile pour penser une posture décoloniale dans les pratiques éducatives européennes.
hooks, b. (2019). Apprendre à transgresser. L’éducation comme pratique de la liberté. Paris : Payot.
→ Réflexion sur l’éducation comme espace de résistance, attentive aux rapports de domination et aux voix marginalisées.

Femmes et interculturalité

Le CFEP s’est donné pour mission de devenir un espace inclusif et ouvert à des femmes issues de tous horizons. À travers ses actions, conférences, rencontres et collaborations, il met en valeur la diversité ethnique et culturelle des femmes belges. Le centre aspire à créer des espaces d’échanges et de débats pour faire progresser la cause des femmes. Cet article retrace le rôle du CFEP comme précurseur dans la sensibilisation des femmes aux enjeux européens. Mais également son action en faveur de l’ouverture entre les femmes et l’interculturalité

Vers une conscientisation des femmes aux enjeux européens

En 1975, le CFEP met en place des conférences hebdomadaires sur l’Europe. Des personnalités reconnues sur la scène européenne, comme Altiero Spinelli, y sont accueillies. Deux années plus tard, un cycle de conférences émerge au centre : les « Jeudis » et « Mardis » européens. L’objectif de ces conférences est de promouvoir la participation active des femmes aux élections. En 1988, les midis européens attirent un public mixte et abordent les enjeux européens avec une perspective féminine. Cette initiative crée deux groupes : l’un sur les discriminations à l’emploi, l’autre sur les femmes et le développement.

En 1997 naît le projet « Comprendre l’Europe », visant à informer un public féminin sur le traité d’Amsterdam. Le centre fait appel en priorité à des intervenantes femmes. En effet, l’objectif était de mettre en évidence des femmes engagées dans la vie publique. Mais aussi celles qui occupent des postes à responsabilité afin de rendre plus visibles des « modèles » féminins.

Entre 2001 et 2002, des ateliers « Euro-ludique » voient le jour pour préparer la transition vers l’euro. Deux ans plus tard, des conférences-débats sur l’Europe sont organisées à la veille des élections européennes.

Premiers pas vers un accueil des femmes étrangères

Au début des années 1960, le centre s’ouvre à l’international en accueillant des femmes étrangères de passage en Belgique. Des femmes politiques et des représentantes d’associations étrangères y sont conviées lors de réceptions. C’est notamment le cas de la représentante d’Haïti en 1962, d’une association congolaise l’année suivante, et enfin de la visite de Golda Meir, ministre des Affaires étrangères d’Israël, en 1964.

Le groupe « Femmes africaines-femmes européennes »

En 1979, Valeria Cruysman et Brigitte Fabri animent des réunions bi-mensuelles du groupe « Femmes africaines – Femmes européennes ». Cette expérience originale réunit des femmes des deux horizons pour favoriser les échanges et une éducation mutuelle. L’objectif est de mieux comprendre les problèmes liés à leur condition féminine. Cela se fait autour de discussions portant sur les thématiques choisies : milieu géographique, social, culturel, économique et religieux.

Ce groupe rassemble en 1979 femmes et hommes venus de 11 pays différents pour aborder « La femme dans le développement ». Les sujets varient entre : mosaïque africaine, perception des femmes africaines par elles-mêmes et par les Européennes, colonisation, famille africaine, etc. Parfois des thèmes plus sensibles comme la polygamie ou les mutilations génitales sont aussi abordées. À partir de 1979, les échanges se concentrent sur le travail, qui concerne toutes les femmes et permet d’explorer de multiples questionnements.

Le projet « Cohabitation-intégration »

Suite au groupe « Femmes africaines – femmes européennes », Valeria Cruysmans lance des séances d’alphabétisation pour femmes et jeunes filles maghrébines. Elle anime ensuite, des groupes euromaghrébins de recherche sur les rapports entre la première et la deuxième génération. Elle explore également le phénomène de décrochage scolaire des jeunes filles maghrébines. Cruysmans met en place un programme favorisant les rencontres entre jeunes Maghrébines et jeunes Belges. Ces échanges se distingueront par la richesse et la profondeur des discussions.

 Le « groupe euro-maghrébin »

Dans les années 1986-1987, un groupe de travail mixte, maghrébin et européen, hommes et femmes, s’attelle à la question de l’intégration des jeunes immigrés de seconde génération dans les écoles belges. L’année suivante, le groupe « euro-maghrébin » devient « Ma’am, Avec ». La philosophie du groupe est de mieux se connaître pour mieux vivre ensemble.

Le programme « Cohabitation-Intégration »

Premièrement, un des projets majeurs de l’année 1997-1998 est le projet « Vivre Ensemble », rapidement devenu « Vivons ensemble ». Ce projet a bénéficié de l’appui de la Mission locale de Saint-Josse-ten-Noode dans le cadre du programme « Cohabitation-Intégration ». Par ailleurs, cette initiative promeut l’éducation comme levier d’intégration et de citoyenneté pour les femmes issues de l’immigration.

Deuxièmement, en 1988, le CFEP met sur pied des conférences-débats pour les femmes et jeunes filles d’origine immigrée en formation. Celle-ci se tient dans trois associations : le GAFFI, le Piment et la COBEFF. L’objectif est de répondre aux préoccupations et intérêts d’un public peu scolarisé.

Par ailleurs, les sujets abordent des thématiques variées. La formule « conférence-débat » concentre les besoins et attentes des participantes, avec des animations visant l’acquisition de savoirs, de savoir-faire et le développement de compétences linguistiques.

Les initiatives liées à Cohabitation-Intégration sont publiées en 1997 dans la brochure « Fille de l’immigration marocaine et turque : Celles qui réussissent… et les autres ». Le CFEP visait à donner la parole aux filles et jeunes femmes concernées pour en tirer des enseignements et alimenter ses réflexions futures. Cet ouvrage a reçu un accueil chaleureux auprès des associations, de la Mission locale de Saint-Josse et d’autres communes ou administrations locales.

Les activités aujourd’hui

Tout d’abord, entre 2004 et 2005, le CFEP organise un séminaire résidentiel d’un week-end sur l’interculturalité, destiné aux jeunes engagés dans l’éducation et la formation d’enfants en milieu multiculturel, ou dans des projets de volontariat à l’étranger. Par ailleurs, entre 2002 et 2005, une table de conversation pour apprenants suivant des cours de français au SIMA a lieu une fois par semaine. Ensuite , à partir de 2003, le CFEP participe à la Semaine de la dignité humaine, une initiative annuelle du réseau des associations engagées dans l’intégration des populations locales. Celle-ci vise à promouvoir la multiculturalité via des activités culturelles et ludiques destinées aux populations discriminées.

Enfin, né au début des années 2000, le projet « Clés pour la citoyenneté » a d’abord proposé un atelier d’échange et d’apprentissage sur le vivre‑ensemble et l’interculturalité. Il a évolue ensuite vers des ateliers sur l’égalité et la citoyenneté, toujours organisés aujourd’hui au CFEP.

Femmes et emploi

Dès sa création, le CFEP s’est donné pour mission de soutenir activement le parcours professionnel des femmes. À travers la formation, l’entrepreneuriat et l’accès aux outils numériques. Au fil de son histoire, l’association a mis en place de nombreuses initiatives. Notamment des programmes visant à favoriser l’insertion durable des femmes dans le monde de l’emploi.

Service "clés pour le travail"

Clés pour le travail

Premièrement, le CFEP lance en 1975 un programme de préformation. Une initiative alors unique à Bruxelles, destinée aux femmes souhaitant entrer dans la vie professionnelle. La même année, en collaboration avec le Centre social protestant et l’YWCA, deux stages pilotes sont organisés.

Deuxièmement, ces activités donnent naissance au service « Clés pour le travail ». Ce projet propose deux volets : les stages de préformation et un service de pré-orientation. L’objectif est d’aider, d’une part les femmes à clarifier leurs motivations et à mieux connaître le monde du travail. Et d’autre part à faciliter leur insertion professionnelle.

En 1981-1982, un projet d’envergure soutenu par le Fonds social européen et l’ONEM permet à 150 femmes de suivre, gratuitement, une formation de 150 heures assortie d’une prime d’assiduité et d’un certificat du FSE (Fond social européen).

Dix ans plus tard, plusieurs cours du programme sont restructurés dans un module de formation et de gestion de PME.
Le CFEP collabore avec le CFCS pour proposer des formations de promotion sociale en connaissances de gestion.

Les participantes, souvent peu scolarisées, décrochent un certificat ouvrant l’accès à la profession commerciale.

Solidarité Femmes Emploi

En 1978, grâce au soutien de féministes européennes convaincues, le CFEP décide de mener une enquête sur la discrimination fondée sur le sexe dans les petites annonces d’emploi. Cette initiative s’inscrit dans le contexte de la loi belge du 4 août 1978, qui interdit toute distinction basée sur le sexe dans les offres d’emploi.
Pourtant, les enquêtes menées en 1979 révèlent que certaines annonces continuent de ne pas respecter la loi, même si la situation s’améliore progressivement. Le CFEP choisit alors d’aller plus loin en entreprenant des actions en justice pour défendre les femmes victimes de discrimination.

En 1980, le centre obtient des subventions de la Direction générale de l’Emploi et des Affaires sociales de la Commission des Communautés européennes pour soutenir cette démarche. Peu après, le groupe anti-discrimination devient une asbl indépendante, Solidarité-Femmes-Emploi, née de cette action du CFEP.

Le projet NOW : un caractère européen assumé

Au début des années 1990, le CFEP innove en lançant des formations en gestion de mini-entreprises et les premiers cours d’informatique de base, ouvrant ainsi la voie à l’autonomie numérique des femmes. En 1992, il obtient un cofinancement du Fonds social européen dans le cadre de l’initiative communautaire NOW (New Opportunities for Women). En Belgique, ce programme vise à favoriser l’insertion ou la réinsertion professionnelle des femmes au chômage ou inactives depuis plus d’un an, tout en promouvant l’égalité des chances entre les sexes dans l’emploi, la formation et l’entrepreneuriat.

Concrètement, le projet cherche à intégrer pleinement les femmes au développement économique et social européen et propose notamment des formations en gestion de PME. Par ailleurs, l’un des objectifs du programme NOW est de donner une dimension européenne aux actions de formation, en renforçant les échanges et les partenariats transnationaux. Cette initiative permet au CFEP de valoriser l’expérience acquise au fil des ans, dans un cadre plus structuré, doté de moyens accrus et fondé sur une réflexion commune avec d’autres associations belges et européennes.

Le réseau bruxellois de soutien à la création d’emploi avec des femmes

En 1995, le Réseau bruxellois de soutien à la création d’emploi avec des femmes voit le jour à l’initiative de quatre associations francophones de Bruxelles : le CFEP, la COBEFF, Interface 3 et la Mission locale de Schaerbeek. À ses débuts, il s’agit d’une association de fait, née de la volonté commune de mener une réflexion collective sur les moyens de favoriser la création d’emploi par les femmes. Le Réseau bruxellois collabore également avec de nombreux partenaires européens, renforçant ainsi la dimension internationale de ses actions.

Le guichet de l'entreprise dans le but de promouvoir les femmes dans le monde de l'emploi

Le guichet de l’entreprise

Créé en 1992, le Guichet de l’entreprise est présenté lors d’une conférence de presse. Ce projet a pour objectif de favoriser la réinsertion professionnelle des chômeuses de longue durée et des femmes dites « rentrantes », sans activité depuis au moins un an. Il propose un service d’accueil, d’information et d’accompagnement personnalisé et flexible.

Des permanences gratuites, organisées chaque jeudi, permettent aux participantes d’obtenir toutes les informations nécessaires pour s’établir comme indépendantes. Elles peuvent y évaluer la faisabilité de leur projet, élaborer un business plan et bénéficier d’un accompagnement adapté. Lorsque cela s’avère nécessaire, les femmes sont également orientées vers un cycle de formation complémentaire.

Le colloque « Entreprendre au féminin »

Après deux années d’activité du Guichet de l’entreprise, le CFEP et la cellule de gestion du programme NOW organisent le colloque « Entreprendre au féminin, Obstacles à franchir, avenir à construire », qui réunit plus de 320 participantes et participants.

L’événement vise à mettre en lumière les principaux défis rencontrés par les femmes créatrices d’entreprise en Belgique. Il attire l’attention sur la situation des candidates à l’entrepreneuriat. Quatre cheffes d’entreprise y partagent leur témoignage, dont deux ayant suivi la formation du CFEP dans le cadre du projet.

Des partenaires portugais, espagnols et italiens participent également aux échanges, apportant leur expérience, notamment sur la création de réseaux de femmes entrepreneures. Grâce au programme NOW, le CFEP s’intègre alors dans un vaste réseau d’associations et d’organismes, tant au niveau local et régional qu’européen.

Un travail de réflexion et d’analyse

Premièrement, le CFEP initie une réflexion en 1980 sur l’avenir du mouvement des femmes. Cette dernière se fait à travers le groupe « Nouvelle dynamique du mouvement des femmes ». À cette époque, les femmes doivent relever plusieurs défis . Corriger les inégalités, défendre leurs droits et participer à la construction d’un nouveau modèle de relations sociales. Dans cette optique, le CFEP crée en 1982 les « Ateliers à penser », destinés aux femmes de 50 à 60 ans. Ainsi, ces ateliers permettront aux femmes d’approfondir les questions liées au vieillissement au féminin.

Deuxièmement , le centre mène une recherche sur l’emploi des femmes. Une équipe de quatre personnes a analysé les principales tendances du marché du travail bruxellois. Les résultats sont publiés dans la presse l’année suivante. Sous l’impulsion de Jacqueline de Groote, le CFEP édite également en 1988 une brochure d’information sur les contrats de travail.

En 1990, l’initiation à l’informatique fait son entrée au CFEP, en collaboration avec le Centre Galilée de Louvain-la-Neuve. Une série de formations est proposée à celles qui souhaitent apprendre à utiliser un ordinateur. Ces séances visent à démystifier cette nouvelle technologie et à en faire un véritable atout pour les femmes.

Actions et développements des années 2000

En 2010, le CFEP élargit encore son action en proposant une formation en gestion des ASBL. Ensuite en 2011 une formation en gestion informatisée des micro-entreprises, afin de répondre au mieux aux besoins de son public. Après la crise du Covid, des ateliers d’informatique pour adultes débutantes sont également disponibles à la BibJosse .

L’objectif est de lutter contre la fracture numérique qui touche particulièrement les personnes peu scolarisées ou en apprentissage du français.

Aujourd’hui, le CFEP propose dans ses locaux des ateliers informatiques destinés aux adultes débutantes. Ces derniers visent à lutter contre la fracture numérique en combinant des modules de formation théoriques et pratiques.

Atelier informatique tout les mardi

Femmes et société : actrices du changement

Le changement de la société passe par les femmes

Depuis sa création, le CFEP accompagne les femmes dans toutes les dimensions de leur vie, répond à leurs besoins et les soutient face aux défis de la société. Ces périodes parfois délicates pour les femmes incluent l’isolement, les difficultés d’expression ou d’intégration, le divorce ou encore l’avortement.

Ainsi, le CFEP s’engage pleinement dans des activités et actions politiques pour faire évoluer les mentalités, renforcer l’estime de soi, l’autonomie des femmes, et favoriser leur participation active dans toutes les sphères de la société. Son ambition : en faire des actrices du changement, pour elles-mêmes et pour la société tout entière.

Accueilseptante

L’émancipation par l’éducation

Missions du CFEP

Le CFEP aide les femmes à trouver leur place dans une société en mutation. Il favorise la réflexion sur les habitudes de vie, la santé physique et psychologique, et la confiance en soi. L’éducation permanente devient un outil clé d’émancipation sociale. En effet, elle permet de lutter contre les stéréotypes de genre, les violences conjugales et familiales, et les rapports de domination. En 1971, Manette Haesaerts disait dans un discours  « Depuis 1968, tout est remis en question… Il faut trouver des réponses par soi-même. Mais pour décider, il faut connaître ; pour savoir, il faut s’informer ; pour comprendre, il faut apprendre. » Ainsi, c’est dans cette perspective que le centre déploie de nombreuses activités pour promouvoir l’émancipation des femmes par l’éducation.

Évolution des activités

Dès 1972, le CFEP propose des cours théoriques et pratiques visant à rétablir « un équilibre harmonieux de la famille et de la cité ». De plus, cinq ans plus tard, ses actions s’organisent autour de trois axes pour favoriser la réinsertion professionnelle des femmes. Notamment les formation aux techniques de créativité et de communication, les activités culturelles et récréatives ouvertes, ou encore les programmes de préformation.

Engagements thématiques

Des débats libres portent sur le féminisme, l’argent, l’éducation, les rapports hommes-femmes et d’autres sujets de société. Des ateliers « do it yourself » en plomberie, électricité et mécanique renforcent l’autonomie des femmes. En parallèle, les tables de conversation et les cours de français facilitent leur intégration sociale et leur ouverture au monde. En 1991 naît le groupe « Vivre aujourd’hui », dédié à des débats philosophiques, éthiques et psychologiques sur l’actualité. Enfin, Nicole Coeurnelle crée au sein du CFEP l’Antenne «Amnesty International Femmes » pour combattre les violences faites aux femmes.

Développement personnel

Groupes de parole et évolution personnelle

Tout d’abord, des groupes de parole émergent dans les années 70, autour de problématiques quotidiennes difficiles pour les femmes, comme l’éducation des enfants ou l’accès au monde du travail. Ces espaces favorisent une prise de conscience personnelle et sociétale. Par ailleurs, les groupes de réflexion, d’évolution personnelle et les ateliers de psychologie aident les participantes à clarifier leurs motivations à forger un style personnel, et à développer esprit critique et autonomie (savoir-être, savoir-faire, savoir-comprendre). Les ateliers bien-être (yoga, sophrologie, gymnastique douce, Do In) restent au cœur des activités du CFEP.

Ouverture et conscientisation

Ensuite, en 1975, Année internationale de la Femme, le CFEP s’ouvre vers l’extérieur. En effet, il mise cette année là sur la conscientisation et la prise de parole des femmes. Quatre ans plus tard, des « ateliers à penser » voient le jour, invitant à réfléchir aux problèmes personnels sous un angle plus politique et social. La même année, les ateliers d’épanouissement personnel et artistique connaissent un vif succès.

Initiatives spécifiques

En 1981, Denise Loute lance le groupe « Nouvelle étape » pour les femmes de 50 à 60 ans, afin de mieux affronter le vieillissement, de conserver un rôle actif en société et de se préparer aux choix imposés par l’âge. Vers la fin des années 80, des ateliers « Mieux communiquer pour mieux vivre » mettent l’accent sur le bien-être, en aidant les femmes à définir leur image, à créer un style et à réinventer leur garde-robe pour se sentir bien dans leur peau. 

En 1990, l’atelier « Changer sa vie », animé par Tania Safian, encourage la réflexion sur les habitudes de vie et la découverte de nouveaux centres d’intérêt. L’année suivante naît le groupe « Vivre aujourd’hui », dédié aux débats philosophiques, éthiques et psychologiques sur l’actualité. Enfin, en 1994, un groupe aborde la santé féminine et la ménopause.

Soutenir toutes les femmes

Divorce

Tout d’abord, la séparation est une épreuve difficile. De plus, les études montrent que les femmes subissent souvent des conséquences plus lourdes, tant sur le plan financier qu’émotionnel. Elle s’accompagne par exemple d’un sentiment profond de solitude et d’isolement, parfois insurmontable. Pourtant, des ressources existent pour aider les femmes à se retrouver, se reconstruire et avancer. Notamment à travers la redécouverte de soi, de nouveaux liens sociaux ou de nouvelles activités.

Par conséquent, le CFEP s’est engagé pendant plusieurs années pour soutenir les femmes après un divorce. Dès 1970, il met en place des consultations juridiques et des groupes de parole pour briser l’isolement. Des consultations pour le couple et la famille voient également le jour et son annimés par des médecins, psychologues et juristes. Par ailleurs, un programme accueil-rencontre est ensuite créé pour les femmes confrontées à un divorce ou une séparation, visant à rompre l’isolement, renforcer l’autonomie, la confiance en soi et encourager l’engagement social et politique. Entre 1978 et 1979, 600 femmes y participent ; ce chiffre grimpe à 3 000 en 1981-1982. En 1979, Denise Loute, avocate, instaure une consultation juridique dédiée aux conflits familiaux liés au divorce. Enfin, en 1983, naissent les ateliers « Vivre mieux son divorce ».

Avortement

Le 3 avril 1990, la loi Lallemand-Michielsens visant à dépénaliser partiellement l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est adoptée. Suite à cela, Le CFEP prend publiquement position en faveur de cette dépénalisation partielle de l’avortement, réaffirmant son engagement pour le droit des femmes à disposer de leur corps. Cette position collective est le fruit de discussions approfondies et de la confrontation d’opinions opposées au sein de l’association.

Nos actions aujourd’hui

Engagements contemporains  

Tout d’abord, le CFEP propose en 2010 des activités en éducation permanente articulées autour de deux thématiques : promouvoir l’égalité femmes-hommes et former des citoyennes informées. Ces animations abordent la déconstruction des inégalités de genre et les clés de la citoyenneté. De plus, d’autres activités régulières sont organisées notamment la démystification de l’informatique, des rencontres littéraires ou encore des visites culturelles guidées. De plus, le centre organise également aussi des activités grand public une fois comme des cycles de conférences.

Ateliers de citoyenneté

Les ateliers « Clés pour la citoyenneté » créés au début des années 2000 qui devenus au fil du temps « Les ateliers de l’égalité et de la citoyenneté » existent encore aujourd’hui avec comme objectif le développement de la citoyenneté et vivre ensemble. Ces ateliers sont des animations destinées à un public de femmes bruxelloises d’origine multiculturelle. Elles y améliorent leur pratique du français tout en participant à différents débats et réflexions.

Apprentissage des langues

Depuis sa création, le CFEP a proposé des tables de conversation en français, italien, anglais, espagnol… Aujourd’hui, le CFEP, agréé en cohésion sociale organise cours de français langue étrangère (FLE). Ce projet a pour but de soutenir l’insertion sociale du public tout en luttant contre l’exclusion et toutes les formes de discrimination, notamment celles liées au genre.

L’informatique

Enfin, le CEFP créé en 1990 son premier cours d’informatique. Ces séances d’initiation permettent notamment de démystifier cette nouvelle technologie et de faire de son maniement un nouvel atout pour les femmes. Aujourd’hui encore, les ateliers informatiques pour adultes débutantes répondent aux besoins des femmes et luttent contre la fracture digitale.

Sources

Femmes et finances : l’accompagnement du CFEP

Dès les années 1960, le CFEP a ouvert la voie à l’indépendance financière des femmes. À une époque, il était impensable d’ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de son mari. Pourtant, le centre proposait déjà des conférences pour apprendre à gérer son argent, épargner et investir en toute autonomie. Fidèle à cet engagement, le CFEP continue aujourd’hui à promouvoir l’émancipation des femmes par autonomie de leurs finances.

Les finances et la gestion expliqué aux femmes

Lily Wigny compte parmi les premières femmes à occuper un poste d’administratrice dans le secteur bancaire. En 1961, elle prend l’initiative d’organiser la toute première conférence du Club consacrée à la gestion financière. Celle-ci s’intitule « Comment gérer vos affaires, Mesdames ? », suivie d’une table ronde.
Le succès de cet événement ouvre la voie à de nombreuses autres activités centrées sur la thématique de la finance. Tout au long des années 1960, les conférences abordent des sujets variés. Les activités bancaires des conjoints, l’assurance, l’impôt ou encore l’épargne, souvent accompagnées de visites à la Banque de Bruxelles.
En 1965, ces rencontres prennent le nom de « Responsabilité financière des femmes » et s’enrichissent de nouveaux thèmes. Parmi eux : l’or, l’immobilier et l’épargne.

Photo d'une présentation des clubs d'investissement et des conférences financières

Les clubs d’investissement

Un club d’investissement réunit entre cinq et vingt personnes. Ces derniers choisissent de mettre en commun une épargne mensuelle, souvent modeste, afin de gérer ensemble un portefeuille collectif. Son objectif principal est d’apprendre à comprendre les mécanismes économiques, financiers et boursiers, tant au niveau national qu’international.

En 1970, le CFEP est à l’origine des premiers clubs d’investissement féminins indépendants de tout organisme financier. Leur rôle est alors jugé essentiel, à une époque où de plus en plus de femmes travaillent. En effet ils leur permettent de gérer non seulement leur propre épargne, mais aussi celle du ménage. L’ambition du CFEP est de rendre cette formation accessible à toutes. Destiné aussi bien aux femmes aux revenus confortables qu’aux épargnantes plus modestes.

Enfin, les crises boursières ainsi qu’une conjoncture économique défavorable entraînent une forte baisse de la participation aux clubs. C’est pourquoi, le CFEP engage alors une réflexion sur de nouvelles formes d’activités économiques et financières. Deux ans plus tard, il invite la banque Triodos à présenter ses actions. Cet évènement permet de découvrir une autre approche de l’investissement, axée sur le développement durable et la responsabilité sociale.

Les cours et conférences sur le sujet

Dans les années 1980, le CFEP proposait chaque mois des cours d’initiation à la bourse et à l’actualité financière. Notamment la chronique animée par Henri Carpentier ou le cours « Comprendre l’économie », donné par un analyste financier. Au total, une dizaine de conférences financières étaient organisées chaque trimestre. À cette époque, cette formule novatrice, alliant conférences, informations économiques et clubs d’investissement, se distinguait par son originalité.

Réflexion sur le thème des femmes et de l’argent

Entre 1982 et 1983, plusieurs réunions ont lieux au sein du CFEP pour explorer le rapport des femmes à l’argent. Ces échanges visent à susciter une prise de conscience associées à l’argent lorsqu’il est donné, reçu ou gagné. Par exemple les questions liées aux relations de pouvoir, désir d’autonomie, besoin de sécurité ou quête de reconnaissance. La conclusion qui en ressort est claire : l’argent devrait devenir un outil de partage du pouvoir. En bref, ouvrir la voie à une transformation économique et politique de la société.

En 1988, une nouvelle réflexion initiée par Anne Leboutte conduit à une enquête intitulée « Les femmes et l’argent ». Par ailleurs, ce questionnaire s’adresse aux participantes du CFEP et cherche à comprendre la gestion du patrimoine des femmes. De plus, l’enquête s’intéresse également à la façon dont les fluctuations boursières influencent leur sentiment de sécurité et leurs projets de vie.

Au cours des années 1980 et 1990, le CFEP propose des formations complémentaires, notamment sur la comptabilité simplifiée, la gestion d’une ASBL ou encore la gestion du patrimoine.

Et maintenant…

Aujourd’hui encore, à travers ses ateliers sur l’égalité et la citoyenneté, le CFEP poursuit cette démarche en abordant avec les participantes des thématiques liées aux finances et à la gestion budgétaire.

L’asbl Financité est une partenaire privilégiée et vient chaque année animer des ateliers.

Lors des Journées féministes de la Maison Amazone, nous avons invité Jessica Dessy pour présenter son atelier « Reprendre le pouvoir sur l’argent ».

Interview de Jessica Dessy ici

Atelier portant sur femmes et la finance animé par Jessica Dessy

Femmes et politique : un engagement durable

Le CEFP se développe parallèlement à un contexte marqué par l’engagement grandissant des femmes belges dans la sphère publique. L’association s’inscrit dans le mouvement d’émancipation politique. En effet, elle organise des conférences ainsi que des causeries civiques. Ces activités visent à expliquer le fonctionnement des institutions, les droits politiques et les mécanismes de la démocratie. Depuis sa fondation, la participation des femmes à toutes les sphères de la société constitue la priorité du CEFP. Il a toujours voulu être un lieu pluraliste de débat, de réflexion et de formation. Dès la fin des années 1990, le CEFP a décidé de s’engager activement en faveur de la participation des femmes à la vie politique.

Naissance d’un engagement politique

« Dans nos démocraties de plus en plus individualistes, ce sont les associations qui peuvent le mieux assurer le relais entre les individus et l’État. »

« Le CFEP s’efforce de donner aux femmes la possibilité d’échanger et d’exprimer publiquement leur point de vue. Plus nous serons nombreuses, plus nous aurons d’idées, et plus nous saurons nous faire entendre. »

Jacqueline de Groote

Sous la présidence de Jacqueline de Groote, le CFEP passe de la neutralité à un engagement dans les affaires publiques. L’association développe alors des actions en faveur de l’émancipation des femmes et fait entendre sa voix dans le champ politique.

Les premières actions politiques du CFEP

En juin 1978, l’enquête sur la discrimination dans les offres d’emploi est présentée lors d’une conférence de presse. Cette démarche marque ainsi la première action politique du CFEP.
Convaincu de « la nécessité d’assurer aux femmes la place qui leur revient politiquement », le centre entend les outiller pour qu’elles puissent occuper la position qu’elles revendiquent.


Ainsi, à l’occasion des élections législatives de 1978, le CFEP organise un débat public avec le CNFB pour présenter les candidates et les différents partis. L’initiative est renouvelée l’année suivante pour les élections européennes.
Dans les années 1980, le CFEP propose des formations à la prise de parole, à la gestion de réunions et à la communication. Le centre organise également des débats sur l’égalité salariale, les réformes du Code civil et la représentation politique. Il soutient des campagnes visant à renforcer la présence des femmes dans les organes décisionnels et met sur pied des conférences destinées à mieux comprendre l’Europe et ses institutions.

Des prises de positions plus affirmées pour le droit des femmes

À partir de 1985, un groupe du CFEP se penche sur la question de l’individualisation des droits en matière de sécurité sociale. Le centre cherche la meilleure façon de valoriser le travail familial et invite ses membres à y contribuer par leurs réflexions et propositions.

En 1990, le CFEP rend publiques ses positions sur l’individualisation des droits. Il réclame que les plans de vie établis par les femmes au foyer soient reconnus et pris en considération.

Affiche "clés pour la politique" dans le cadre des ateliers autour des femmes et de la politique.

Un engagement à plusieurs niveaux

Trois ans plus tard, Jacqueline de Groote affirme avec fierté que le CFEP n’hésite plus à prendre position. Le centre compte faire connaître ses opinions aux partis politiques. Malgré sa petite taille, l’association s’inscrit dans de nombreux réseaux associatifs. Cette union leur permet de faire entendre leur voix auprès des différents niveaux de pouvoir.


Ensuite, au niveau belge, le centre fait partie du CNFB (Conseil National des Femmes Belges) et du Comité de Liaison des Femmes. À l’échelle européenne, il a contribué à la création du Lobby Européen des Femmes, dont il demeure l’un des membres actifs. Le CFEP participe également à divers engagements publics en faveur de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes.
Avec l’instauration des quotas électoraux et les débats sur la parité, le CFEP lance, en 1997, le programme « Clés pour la politique », destiné à former de futures élues, et prend part à la campagne « Votez femme ». En 1995, il participe aussi à la Conférence mondiale sur les femmes organisée à Pékin. Enfin, entre 1999 et 2000, le CFEP rejoint la Marche mondiale des femmes à Bruxelles.

Les initiatives du CFEP aujourd’hui

En 2003 naît premièrement l’initiative « Clés pour un changement politique ». Cette activité visait à offrir aux femmes des outils concrets. L’objectif était de leur permettre de développer et de concrétiser leur projet politique personnel.
Par ailleurs, le programme proposait une formation sur les fondements et les structures du système politique belge. S’ajoutaient à cela des ateliers de communication, prise de parole et gestion des conflits.

Deuxièmement, Les participantes bénéficiaient également de rencontres avec des femmes politiques expérimentées.

Depuis, Le CFEP organise régulièrement les conférences « Les Midis politiques » avec le CRISP, jusqu’en 2023. Ou encore « Le pouvoir des femmes dans le processus démocratique ». Cette conférence était organisée avant les élections de 2024. Elle mettait en lumière le rôle des femmes lors des élections, en tant qu’électrices, candidates et élues.

L’histoire du CFEP : 70 ans d’éducation permanente

Depuis sa création, le CFEP a connu de nombreuses évolutions qui ont façonné son histoire, ses projets et sa vision. Cependant, une constante demeure inchangée : l’émancipation des femmes reste au cœur de chaque projet mis en place.
Le CFEP est avant tout un espace de liberté, d’apprentissage et de réflexion, conçu par les femmes et pour les femmes. Un lieu de sororité où l’on apprend, pense et s’exprime librement.

Une inspiration venue d’ailleurs

En 1952, Lily Wigny entreprend un voyage aux États-Unis, au cours duquel elle découvre les clubs féminins. L’objectif de ces lieux de rencontre consiste à échanger des idées politiques et culturelles, ainsi qu’à s’adonner à divers loisirs. Lily projette alors d’ouvrir un centre à Bruxelles, où chacune, moyennant une petite cotisation, pourrait venir écouter des exposés ou des conférences.

La création du CFEP

En 1956, Lily Wigny et cinq autres femmes fondent le Centre Féminin. Elles sont toutes issues d’un milieu social, économique et culturel très privilégié. À cette époque, l’autorisation maritale est obligatoire pour qu’elles puissent créer une association.
À sa création, le Centre est voulu comme un lieu de rencontre entre les femmes et les organisations féminines, dans un esprit de solidarité féminine et de dévouement au bien public. Les fondatrices placent le Centre hors de tout groupement religieux ou politique. L’objectif est de faire sortir les femmes de chez elles et d’apprendre ensemble.

Les activités en marche

En 1957, le Centre Féminin installe ses premiers locaux rue de Namur, créant ainsi un espace collectif pour plusieurs associations. Cela permet à la structure de diversifier ses activités : sorties culturelles, expositions, conférences sur l’actualité, cours de langues et de gestion financière. Le Centre inaugure également sa première bibliothèque ainsi qu’un espace de projection afin de favoriser les échanges culturels.

En 1968, Lily Wigny introduit une demande de subside auprès du ministère de la Culture de la Communauté française afin que le Centre Féminin soit reconnu comme association d’éducation populaire (éducation permanente). C’est ainsi qu’en 1971, le Centre Féminin change de nom pour devenir le « Centre Féminin d’Éducation Permanente ».

Évoluer avec son temps

La seconde vague féministe et Mai 68 poussent le CFEP à soutenir les femmes qui souhaitent s’affranchir des normes oppressives et redéfinir leur rôle public et privé. Son slogan devient : « Vivre mieux par l’éducation permanente, pour une heureuse intégration au monde actuel ».

Le second déménagement, place Quetelet, regroupe de nouvelles associations, dont le GRIF-Université des Femmes. Cette période marque l’âge d’or du CFEP, avec une reconnaissance internationale.
Sous la présidence de Jacqueline de Groote, l’association se développe fortement. En 1980, une grande diversité de services émerge grâce à de nombreuses bénévoles, malgré l’absence de salariées.
Le CFEP structure alors ses activités autour de trois axes : la formation aux techniques de créativité et de communication, les activités culturelles et récréatives, mais surtout un programme novateur de préformation destiné à soutenir les femmes souhaitant revenir sur le marché de l’emploi.

Le temps des revendications

À partir de la fin des années 1970, le CFEP s’engage dans divers combats. Ce tournant marque ainsi le début d’une politisation plus affirmée de la lutte féministe. Il développe des actions en faveur de l’émancipation et de la visibilité publique de la voix des femmes. En 1978, le Centre publie une enquête sur les discriminations dans les offres d’emploi.
Dans les années 1980, un groupe de femmes étudie l’individualisation des droits en matière de sécurité sociale. Puis, en 1990, le CFEP prend position en faveur d’une dépénalisation partielle du droit à l’avortement.
Le CFEP agit également au niveau européen en participant à la création du Lobby européen des femmes. Progressivement, il adopte une approche multiculturelle en accueillant une association de femmes marocaines. Par la suite, le centre propose des cours de français aux femmes issues de l’immigration.

Le CFEP rejoint Amazone

En 1998, le CFEP intègre la Maison Amazone, un lieu phare accueillant des associations féministes francophones et néerlandophones. Ce déménagement lui permet de rebondir et de s’impliquer davantage dans le réseau associatif bruxellois, notamment à Saint Josse.

A l’écoute des attentes des femmes de toutes origines

Durant les années 90, ces activités se développent dans une perspective d’amélioration du vivre ensemble et d’une meilleure cohabitation entre les communautés issues de cultures différentes et par le développement du réseau et des partenariats associatifs.
Le CFEP est reconnu par la COCOF en Cohabitation Intégration depuis 1997 puis en Cohésion Sociale e 2006 ce qui lui permet de stabiliser ses activités interculturelles, notamment les cours de français langue étrangère (FLE) et d’alphabétisation.

Pour un engagement actif dans la société

Durant les années 2000, le CFEP a développé de nombreuses formations et projets qui ont permis l’empouvoirement des femmes.

La formation pour obtenir le certificat de connaissance de gestion de base a drainé un large public de femmes futures indépendantes n’ayant pas le CESS. A la demande des participantes, le CFEP a aussi mis en place une formation en gestion informatisée des micros entreprises.

Le cycle de formation Genre & Islam visait la déconstruction et la critique des préjugés et stéréotypes liés principalement à l’islam, notamment via l’angle du genre et les conflits de valeurs que cela impliquait sur le terrain bruxellois.
Plusieurs cycles de formations liées à la politique ont été mises en place, pour préparer les femmes à prendre leur place dans l’espace public et politique, pour informer avec les élections, communales, fédérales ou européennes…

Les présidentes du CFEP au fil du temps

Lily Wigny, une présidente emblématique

Juliette Borboux née à Verviers en 1903 dans une famille humaniste et catholique. Celle que l’on surnomme Lily Wigny, s’impose comme une figure majeure du féminisme belge de l’après-guerre. Diplômée en philosophie de l’Université de Liège, elle rejoint le CNFB (Conseil national des femmes) dès 1940. Elle y anime la Commission coloniale. Femme cultivée et engagée, elle donne de nombreuses conférences sur la condition féminine. Elle fait partie des rares femmes de son époque à siéger au conseil d’administration d’une banque.

En 1956, elle fonde le Centre féminin d’éducation permanente (CFEP), un lieu laïque et convivial pensé comme un outil d’émancipation. À travers la formation, la culture et la solidarité, Lily Wigny ouvre la voie à l’autonomie des femmes.

Jacqueline de Groote, innovation et démocratisation

Jacqueline de Groote, née en 1931, est la fille aînée de Lily Wigny. Diplômée de l’Université catholique de Louvain, elle séjourne au Congo en 1950. Quatre ans plus tard, elle rejoint le comité de rédaction du quotidien La Nation Belge. Après plusieurs voyages professionnels, elle revient en Belgique en 1973 et intègre l’équipe du CFEP. Elle est chargée de mettre en place un service de réinsertion professionnelle pour les femmes au foyer. Celui-ci leur permet d’accéder au marché du travail.

Investie au niveau européen, elle organise des groupes de travail et des colloques. Jacqueline publie régulièrement sur les questions liant femmes et Europe. Élue présidente du CFEP en 1977, elle exerce bénévolement les fonctions de directrice coordinatrice jusqu’en 1994. La même année, elle rejoint activement le Lobby européen des Femmes (LEF), tout en restant membre de l’assemblée générale.

Sous sa présidence, elle modernise en profondeur le fonctionnement du centre. Notamment en révisant les statuts et favorisant la démocratisation et la participation. Elle ouvre le CFEP aux femmes moins favorisées et aux plus jeunes, rompant ainsi avec son image initialement élitiste. Engagée dans la lutte contre les discriminations à l’emploi ainsi que les violences faites aux femmes. Elle œuvre également à la solidarité internationale et représente la Belgique à la Conférence de Pékin.

Faire de l’emploi des femmes une priorité : l’engagement de Rose-Marie Jonniaux

Docteur en droit, licenciée en criminologie, féministe convaincue et fonctionnaire au Ministère de l’intérieur, elle fut très impliquée dans l’association « Soroptimist International de Belgique » et sera élue administratrice du CFEP en 1980. Rose-Marie sera membre active de Solidarité-Femmes-Emploi ce qui la mènera à occuper le poste de présidente du CFEP entre 1983 et 1987.

Sous son mandat, le centre approfondit les questions liées à la défense des droits des femmes, l’emploi féminin, les formations ou encore les questions contemporaines.

La présidence transitoire de Colette Verbruggen-Collard

Élue dans un contexte de crise institutionnelle, Colette Verbruggen-Collard joue un rôle clé de stabilisation. Sa présidence, bien que brève, s’avère essentielle pour rétablir un fonctionnement normal du conseil d’administration et poser les bases d’un renouveau sain pour l’association.

Féminisme politique et refondation de l’éducation permanente avec Marie-Christine Lefebvre

Née en 1949, aînée d’une famille nombreuse, Marie-Christine mène des études en sciences politiques et sociales à l’UCL. Sensible aux inégalités hommes-femmes, elle découvre le mouvement féministe via la littérature des années 1970. Au CFEP dès 1978 après avoir assistée aux conférences sur l’Europe, elle siège à l’assemblée générale depuis 1980, y affinant sa culture féministe et ses compétences en égalité.

Bénévole au départ, elle s’investit dans les activités européennes, les études et recherches ainsi que dans Solidarité-Femmes-Emploi. Elle rédige ses premiers articles dans le Bulletin du CFEP sur l’égalité salariale dans la Communauté européenne. Élue présidente en 1995, elle prend en charge l’année suivante le projet Emploi-NOW et les relations extérieures.

Son élection intervient durant une crise financière. Marie-Christine restructure la stratégie, clarifie les missions et lance une réflexion sur le rôle du CFEP en éducation permanente et féminisme. Elle met l’accent sur la participation politique des femmes et renforce l’ancrage social à Saint-Josse, autour de la multiculturalité et de l’intégration.

L’engagement sans faille de Brigitte Marchal

Brigitte Marchal suit la formation « Clés pour la politique » du CFEP, qui lui permet en 2000 de décrocher un poste d’échevine aux élections communales.
Féministe convaincue, elle intègre par la suite le conseil d’administration. Ensuite, elle assure pleinement ses responsabilités en devenant présidente par intérim durant quelques mois.

Continuité et stabilisation grâce à Magdeleine Willame-Boonen

Pionnière de l’égalité femmes-hommes, elle porte ce combat dans toutes ses fonctions politiques : sénatrice, parlementaire et conseillère communale. Présidente engagée, toujours à l’écoute, elle agit avec passion et conviction.

Bénédicte Bouvez, une présidente au service de la sororité et la stabilité

Juriste de formation, Bénédicte Bouvez soutient sans relâche l’équipe et les projets tout en assurant une fois par semaine le cours de Français Langue Etrangère. Gestionnaire pragmatique et féministe de terrain, elle défend, avec l’ensemble du Conseil d’administration, une meilleure conciliation vie professionnelle-vie personnelle pour les salariées de l’association. Elle est toujours à l’écoute des besoins de l’équipe et des participant.es aux activités. Venue du secteur privé, elle s’approprie les enjeux du monde social et féministe, renforce la sororité et contribue à la stabilité de l’asbl.

Dans ses fonctions de présidente, elle est secondée par des administratrices fidèles et engagées, Anne Schreurs et Dominique Wautier.

Les fondatrices du CFEP : six femmes, une vision

Le CFEP créé par des femmes pour les femmes

Le CFEP a été pensé par des fondatrices instruites et issues de milieux aisés, qui n’exercent pas d’activité professionnelle rémunérée mais s’investissent pleinement dans la vie sociale à travers leurs engagements en faveur des femmes au sein du monde associatif.
Leur parcours illustre une forme d’émancipation et de participation citoyenne fondée sur la culture, l’éducation et l’engagement au service du collectif.

 Lily Wigny

Juliette Borboux-Wigny (1903–1985), dite Lily Wigny


Lily Wigny était une figure emblématique du féminisme d’après-guerre. Diplômée en philosophie, elle fut présidente du CNFB de 1953 à 1958. Elle s’est engagée dans l’éducation des femmes en donnant de nombreuses conférences sur leur condition de vie. Elle est l’une des rares femmes à l’époque à occuper un siège d’administratrice de banque. Durant son parcours, Lily reçoit l’octroi du titre de baronne en 1972.

Marie-Anne Boël-Janssen (1909–1986), ou Maya Janssen

Marie-Anne est fille unique de la féministe Marthe Boël. Elle s’engage activement au sein du CNFB (Conseil National des femmes Belges) et de l’YWCA. Membre fondatrice du CFEP, elle en occupe la vice-présidence avant d’en rester administratrice jusque dans les années 1970. Parallèlement, elle participe à de nombreuses œuvres sociales, tant sur le plan national que local. Par la suite, Janssens exerça ses activités à la Croix-Rouge, puis à la Maison maternelle d’Uccle, avant de s’engager au sein de Solidarité.

Marie-Anne Boël-Janssen.

Jane de Busschère (1880-1967)

La fondatrice Jane de Busschère était une femme active dans le mouvement féministe international. Sa vie fut consacrée à la protection de l’enfance et de la jeunesse. Elle se préoccupait de la réinsertion sociale et de l’accompagnement des personnes âgées. Dès la loi de la protection de l’enfance (1912), elle exerce le mandat de déléguée à la protection de l’enfance. Elle affirme son militantisme féministe à travers son engagement au sein du CNFB dès 1936. Enfin, Jane devient secrétaire ainsi que vice-présidente et enfin présidente au CFEP.

La fondatrice du CFEP : Jane de Busschère.
La fondatrice du CFEP : Germaine Diderich-Cyfer.

Germaine Diderich-Cyfer

Docteure en droit, elle est membre du Bureau du CNFB de 1950 à 1962. Elle s’investit dans la Fédération belge des femmes diplômées des universités, qu’elle préside au niveau national. En 1950 elle publie « Le statut juridique de la femme indigène au Congo belge ».  

Active à l’ONU au sein de la Commission de la condition de la femme. Elle devient administratrice à l’UNICEF. De plus, Germaine fut membre de la Ligue belge pour la défense des droits de l’Homme.

Christiane Van der Wallen de Fernig-Moens de Fernig (1913 – 2000)

Impliquée au sein du CNFB , elle fut engagée dans les domaines de l’éducation et du féminisme. La fondatrice est élue en 1948 membre du Comité exécutif de l’YWCA Belgium. Membre fondatrice du CFEP, elle en assure la trésorerie de 1956 à 1963.

Anne de Stoffregen-Somerhausen (1903 -)

Journaliste, elle est correspondante pour différents journaux de la presse américaine jusqu’en 1939. Autrice d’un livre en 1946. Anne s’implique à l’échelle internationale au sein du Conseil International des Femmes. Elle préside la Commission des relations internationales et occupe la vice‑présidence de la Commission permanente des relations internationales. La fondatrice du CFEP assure la présidence du Foyer de Bruxelles de l’YWCA. Elle est membre du Comité fondateur du Moto Corps féminin de la Croix-Rouge de Belgique.

La fondatrice du CFEP Anne de Stoffregen-Somerhaussen

Personne devant un ordinateur, bloc-notes, et tasse de café

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