Les présidentes du CFEP au fil du temps

Lily Wigny, une présidente emblématique

Juliette Borboux née à Verviers en 1903 dans une famille humaniste et catholique. Celle que l’on surnomme Lily Wigny, s’impose comme une figure majeure du féminisme belge de l’après-guerre. Diplômée en philosophie de l’Université de Liège, elle rejoint le CNFB (Conseil national des femmes) dès 1940. Elle y anime la Commission coloniale. Femme cultivée et engagée, elle donne de nombreuses conférences sur la condition féminine. Elle fait partie des rares femmes de son époque à siéger au conseil d’administration d’une banque.

En 1956, elle fonde le Centre féminin d’éducation permanente (CFEP), un lieu laïque et convivial pensé comme un outil d’émancipation. À travers la formation, la culture et la solidarité, Lily Wigny ouvre la voie à l’autonomie des femmes.

Jacqueline de Groote, innovation et démocratisation

Jacqueline de Groote, née en 1931, est la fille aînée de Lily Wigny. Diplômée de l’Université catholique de Louvain, elle séjourne au Congo en 1950. Quatre ans plus tard, elle rejoint le comité de rédaction du quotidien La Nation Belge. Après plusieurs voyages professionnels, elle revient en Belgique en 1973 et intègre l’équipe du CFEP. Elle est chargée de mettre en place un service de réinsertion professionnelle pour les femmes au foyer. Celui-ci leur permet d’accéder au marché du travail.

Investie au niveau européen, elle organise des groupes de travail et des colloques. Jacqueline publie régulièrement sur les questions liant femmes et Europe. Élue présidente du CFEP en 1977, elle exerce bénévolement les fonctions de directrice coordinatrice jusqu’en 1994. La même année, elle rejoint activement le Lobby européen des Femmes (LEF), tout en restant membre de l’assemblée générale.

Sous sa présidence, elle modernise en profondeur le fonctionnement du centre. Notamment en révisant les statuts et favorisant la démocratisation et la participation. Elle ouvre le CFEP aux femmes moins favorisées et aux plus jeunes, rompant ainsi avec son image initialement élitiste. Engagée dans la lutte contre les discriminations à l’emploi ainsi que les violences faites aux femmes. Elle œuvre également à la solidarité internationale et représente la Belgique à la Conférence de Pékin.

Faire de l’emploi des femmes une priorité : l’engagement de Rose-Marie Jonniaux

Docteur en droit, licenciée en criminologie, féministe convaincue et fonctionnaire au Ministère de l’intérieur, elle fut très impliquée dans l’association « Soroptimist International de Belgique » et sera élue administratrice du CFEP en 1980. Rose-Marie sera membre active de Solidarité-Femmes-Emploi ce qui la mènera à occuper le poste de présidente du CFEP entre 1983 et 1987.

Sous son mandat, le centre approfondit les questions liées à la défense des droits des femmes, l’emploi féminin, les formations ou encore les questions contemporaines.

La présidence transitoire de Colette Verbruggen-Collard

Élue dans un contexte de crise institutionnelle, Colette Verbruggen-Collard joue un rôle clé de stabilisation. Sa présidence, bien que brève, s’avère essentielle pour rétablir un fonctionnement normal du conseil d’administration et poser les bases d’un renouveau sain pour l’association.

Féminisme politique et refondation de l’éducation permanente avec Marie-Christine Lefebvre

Née en 1949, aînée d’une famille nombreuse, Marie-Christine mène des études en sciences politiques et sociales à l’UCL. Sensible aux inégalités hommes-femmes, elle découvre le mouvement féministe via la littérature des années 1970. Au CFEP dès 1978 après avoir assistée aux conférences sur l’Europe, elle siège à l’assemblée générale depuis 1980, y affinant sa culture féministe et ses compétences en égalité.

Bénévole au départ, elle s’investit dans les activités européennes, les études et recherches ainsi que dans Solidarité-Femmes-Emploi. Elle rédige ses premiers articles dans le Bulletin du CFEP sur l’égalité salariale dans la Communauté européenne. Élue présidente en 1995, elle prend en charge l’année suivante le projet Emploi-NOW et les relations extérieures.

Son élection intervient durant une crise financière. Marie-Christine restructure la stratégie, clarifie les missions et lance une réflexion sur le rôle du CFEP en éducation permanente et féminisme. Elle met l’accent sur la participation politique des femmes et renforce l’ancrage social à Saint-Josse, autour de la multiculturalité et de l’intégration.

L’engagement sans faille de Brigitte Marchal

Brigitte Marchal suit la formation « Clés pour la politique » du CFEP, qui lui permet en 2000 de décrocher un poste d’échevine aux élections communales.
Féministe convaincue, elle intègre par la suite le conseil d’administration. Ensuite, elle assure pleinement ses responsabilités en devenant présidente par intérim durant quelques mois.

Continuité et stabilisation grâce à Magdeleine Willame-Boonen

Pionnière de l’égalité femmes-hommes, elle porte ce combat dans toutes ses fonctions politiques : sénatrice, parlementaire et conseillère communale. Présidente engagée, toujours à l’écoute, elle agit avec passion et conviction.

Bénédicte Bouvez, une présidente au service de la sororité et la stabilité

Juriste de formation, Bénédicte Bouvez soutient sans relâche l’équipe et les projets tout en assurant une fois par semaine le cours de Français Langue Etrangère. Gestionnaire pragmatique et féministe de terrain, elle défend, avec l’ensemble du Conseil d’administration, une meilleure conciliation vie professionnelle-vie personnelle pour les salariées de l’association. Elle est toujours à l’écoute des besoins de l’équipe et des participant.es aux activités. Venue du secteur privé, elle s’approprie les enjeux du monde social et féministe, renforce la sororité et contribue à la stabilité de l’asbl.

Dans ses fonctions de présidente, elle est secondée par des administratrices fidèles et engagées, Anne Schreurs et Dominique Wautier.