70 ans d'histoire du CFEP

70 ans d’histoire et d’émancipation

Depuis sa création, le CFEP a connu de nombreuses évolutions qui ont façonné son développement, ses projets et sa vision. Cependant, une constante demeure inchangée : l’émancipation des femmes reste au cœur de chaque projet mis en place.
Le CFEP est avant tout un espace de liberté, d’apprentissage et de réflexion, conçu par les femmes et pour les femmes. Un lieu de sororité où l’on apprend, pense et s’exprime librement.

Une inspiration venue d’ailleurs

En 1952, Lily Wigny entreprend un voyage aux États-Unis, au cours duquel elle découvre les clubs féminins. L’objectif de ces lieux de rencontre consiste à échanger des idées politiques et culturelles, ainsi qu’à s’adonner à divers loisirs. Lily projette alors d’ouvrir un centre à Bruxelles, où chacune, moyennant une petite cotisation, pourrait venir écouter des exposés ou des conférences.

La création du CFEP

En 1956, Lily Wigny et cinq autres femmes fondent le Centre Féminin. Elles sont toutes issues d’un milieu social, économique et culturel très privilégié. À cette époque, l’autorisation maritale est obligatoire pour qu’elles puissent créer une association.
À sa création, le Centre est voulu comme un lieu de rencontre entre les femmes et les organisations féminines, dans un esprit de solidarité féminine et de dévouement au bien public. Les fondatrices placent le Centre hors de tout groupement religieux ou politique. L’objectif est de faire sortir les femmes de chez elles et d’apprendre ensemble.

Les activités en marche

En 1957, le Centre Féminin installe ses premiers locaux rue de Namur, créant ainsi un espace collectif pour plusieurs associations. Cela permet à la structure de diversifier ses activités : sorties culturelles, expositions, conférences sur l’actualité, cours de langues et de gestion financière. Le Centre inaugure également sa première bibliothèque ainsi qu’un espace de projection afin de favoriser les échanges culturels.

En 1968, Lily Wigny introduit une demande de subside auprès du ministère de la Culture de la Communauté française afin que le Centre Féminin soit reconnu comme association d’éducation populaire (éducation permanente). C’est ainsi qu’en 1971, le Centre Féminin change de nom pour devenir le « Centre Féminin d’Éducation Permanente ».

Évoluer avec son temps

La seconde vague féministe et Mai 68 poussent le CFEP à soutenir les femmes qui souhaitent s’affranchir des normes oppressives et redéfinir leur rôle public et privé. Son slogan devient : « Vivre mieux par l’éducation permanente, pour une heureuse intégration au monde actuel ».

Le second déménagement, place Quetelet, regroupe de nouvelles associations, dont le GRIF-Université des Femmes. Cette période marque l’âge d’or du CFEP, avec une reconnaissance internationale.
Sous la présidence de Jacqueline de Groote, l’association se développe fortement. En 1980, une grande diversité de services émerge grâce à de nombreuses bénévoles, malgré l’absence de salariées.
Le CFEP structure alors ses activités autour de trois axes : la formation aux techniques de créativité et de communication, les activités culturelles et récréatives, mais surtout un programme novateur de préformation destiné à soutenir les femmes souhaitant revenir sur le marché de l’emploi.

Le temps des revendications

À partir de la fin des années 1970, le CFEP s’engage dans divers combats, marquant ainsi le début d’une politisation plus affirmée de la lutte féministe. Il développe des actions en faveur de l’émancipation et de la visibilité publique de la voix des femmes. En 1978, le Centre publie une enquête sur les discriminations dans les offres d’emploi.
Dans les années 1980, un groupe de femmes étudie l’individualisation des droits en matière de sécurité sociale. Puis, en 1990, le CFEP prend position en faveur d’une dépénalisation partielle du droit à l’avortement.
Le CFEP agit également au niveau européen en participant à la création du Lobby européen des femmes. Progressivement, en suivant l’évolution de la société et des besoins des femmes, il adopte une approche multiculturelle en accueillant une association de femmes marocaines et en proposant des cours de français aux femmes issues de l’immigration.

Le CFEP rejoint Amazone

En 1998, le CFEP intègre la Maison Amazone, un lieu phare accueillant des associations féministes francophones et néerlandophones. Ce déménagement lui permet de rebondir et de s’impliquer davantage dans le réseau associatif bruxellois, notamment à Saint Josse.

A l’écoute des attentes des femmes de toutes origines

Durant les années 90, ces activités se développent dans une perspective d’amélioration du vivre ensemble et d’une meilleure cohabitation entre les communautés issues de cultures différentes et par le développement du réseau et des partenariats associatifs.
Le CFEP est reconnu par la COCOF en Cohabitation Intégration depuis 1997 puis en Cohésion Sociale e 2006 ce qui lui permet de stabiliser ses activités interculturelles, notamment les cours de français langue étrangère (FLE) et d’alphabétisation.

Pour un engagement actif dans la société

Durant les années 2000, le CFEP a développé de nombreuses formations et projets qui ont permis l’empouvoirement des femmes.

La formation pour obtenir le certificat de connaissance de gestion de base a drainé un large public de femmes futures indépendantes n’ayant pas le CESS. A la demande des participantes, le CFEP a aussi mis en place une formation en gestion informatisée des micros entreprises.

Le cycle de formation Genre & Islam visait la déconstruction et la critique des préjugés et stéréotypes liés principalement à l’islam, notamment via l’angle du genre et les conflits de valeurs que cela impliquait sur le terrain bruxellois.
Plusieurs cycles de formations liées à la politique ont été mises en place, pour préparer les femmes à prendre leur place dans l’espace public et politique, pour informer avec les élections, communales, fédérales ou européennes…