Femmes et interculturalité
Le CFEP s’est donné pour mission de devenir un espace inclusif et ouvert à des femmes issues de tous horizons. À travers ses actions, conférences, rencontres et collaborations, il met en valeur la diversité ethnique et culturelle des femmes belges. Le centre aspire à créer des espaces d’échanges et de débats pour faire progresser la cause des femmes. Cet article retrace le rôle du CFEP comme précurseur dans la sensibilisation des femmes aux enjeux européens. Mais également son action en faveur de l’ouverture entre les femmes et l’interculturalité
Vers une conscientisation des femmes aux enjeux européens
En 1975, le CFEP met en place des conférences hebdomadaires sur l’Europe. Des personnalités reconnues sur la scène européenne, comme Altiero Spinelli, y sont accueillies. Deux années plus tard, un cycle de conférences émerge au centre : les « Jeudis » et « Mardis » européens. L’objectif de ces conférences est de promouvoir la participation active des femmes aux élections. En 1988, les midis européens attirent un public mixte et abordent les enjeux européens avec une perspective féminine. Cette initiative crée deux groupes : l’un sur les discriminations à l’emploi, l’autre sur les femmes et le développement.
En 1997 naît le projet « Comprendre l’Europe », visant à informer un public féminin sur le traité d’Amsterdam. Le centre fait appel en priorité à des intervenantes femmes. En effet, l’objectif était de mettre en évidence des femmes engagées dans la vie publique. Mais aussi celles qui occupent des postes à responsabilité afin de rendre plus visibles des « modèles » féminins.
Entre 2001 et 2002, des ateliers « Euro-ludique » voient le jour pour préparer la transition vers l’euro. Deux ans plus tard, des conférences-débats sur l’Europe sont organisées à la veille des élections européennes.
Premiers pas vers un accueil des femmes étrangères
Au début des années 1960, le centre s’ouvre à l’international en accueillant des femmes étrangères de passage en Belgique. Des femmes politiques et des représentantes d’associations étrangères y sont conviées lors de réceptions. C’est notamment le cas de la représentante d’Haïti en 1962, d’une association congolaise l’année suivante, et enfin de la visite de Golda Meir, ministre des Affaires étrangères d’Israël, en 1964.
Le groupe « Femmes africaines-femmes européennes »
En 1979, Valeria Cruysman et Brigitte Fabri animent des réunions bi-mensuelles du groupe « Femmes africaines – Femmes européennes ». Cette expérience originale réunit des femmes des deux horizons pour favoriser les échanges et une éducation mutuelle. L’objectif est de mieux comprendre les problèmes liés à leur condition féminine. Cela se fait autour de discussions portant sur les thématiques choisies : milieu géographique, social, culturel, économique et religieux.
Ce groupe rassemble en 1979 femmes et hommes venus de 11 pays différents pour aborder « La femme dans le développement ». Les sujets varient entre : mosaïque africaine, perception des femmes africaines par elles-mêmes et par les Européennes, colonisation, famille africaine, etc. Parfois des thèmes plus sensibles comme la polygamie ou les mutilations génitales sont aussi abordées. À partir de 1979, les échanges se concentrent sur le travail, qui concerne toutes les femmes et permet d’explorer de multiples questionnements.
Le projet « Cohabitation-intégration »
Suite au groupe « Femmes africaines – femmes européennes », Valeria Cruysmans lance des séances d’alphabétisation pour femmes et jeunes filles maghrébines. Elle anime ensuite, des groupes euromaghrébins de recherche sur les rapports entre la première et la deuxième génération. Elle explore également le phénomène de décrochage scolaire des jeunes filles maghrébines. Cruysmans met en place un programme favorisant les rencontres entre jeunes Maghrébines et jeunes Belges. Ces échanges se distingueront par la richesse et la profondeur des discussions.
Le « groupe euro-maghrébin »
Dans les années 1986-1987, un groupe de travail mixte, maghrébin et européen, hommes et femmes, s’attelle à la question de l’intégration des jeunes immigrés de seconde génération dans les écoles belges. L’année suivante, le groupe « euro-maghrébin » devient « Ma’am, Avec ». La philosophie du groupe est de mieux se connaître pour mieux vivre ensemble.
Le programme « Cohabitation-Intégration »
Premièrement, un des projets majeurs de l’année 1997-1998 est le projet « Vivre Ensemble », rapidement devenu « Vivons ensemble ». Ce projet a bénéficié de l’appui de la Mission locale de Saint-Josse-ten-Noode dans le cadre du programme « Cohabitation-Intégration ». Par ailleurs, cette initiative promeut l’éducation comme levier d’intégration et de citoyenneté pour les femmes issues de l’immigration.
Deuxièmement, en 1988, le CFEP met sur pied des conférences-débats pour les femmes et jeunes filles d’origine immigrée en formation. Celle-ci se tient dans trois associations : le GAFFI, le Piment et la COBEFF. L’objectif est de répondre aux préoccupations et intérêts d’un public peu scolarisé.
Par ailleurs, les sujets abordent des thématiques variées. La formule « conférence-débat » concentre les besoins et attentes des participantes, avec des animations visant l’acquisition de savoirs, de savoir-faire et le développement de compétences linguistiques.
Les initiatives liées à Cohabitation-Intégration sont publiées en 1997 dans la brochure « Fille de l’immigration marocaine et turque : Celles qui réussissent… et les autres ». Le CFEP visait à donner la parole aux filles et jeunes femmes concernées pour en tirer des enseignements et alimenter ses réflexions futures. Cet ouvrage a reçu un accueil chaleureux auprès des associations, de la Mission locale de Saint-Josse et d’autres communes ou administrations locales.


Les activités aujourd’hui
Tout d’abord, entre 2004 et 2005, le CFEP organise un séminaire résidentiel d’un week-end sur l’interculturalité, destiné aux jeunes engagés dans l’éducation et la formation d’enfants en milieu multiculturel, ou dans des projets de volontariat à l’étranger. Par ailleurs, entre 2002 et 2005, une table de conversation pour apprenants suivant des cours de français au SIMA a lieu une fois par semaine. Ensuite , à partir de 2003, le CFEP participe à la Semaine de la dignité humaine, une initiative annuelle du réseau des associations engagées dans l’intégration des populations locales. Celle-ci vise à promouvoir la multiculturalité via des activités culturelles et ludiques destinées aux populations discriminées.
Enfin, né au début des années 2000, le projet « Clés pour la citoyenneté » a d’abord proposé un atelier d’échange et d’apprentissage sur le vivre‑ensemble et l’interculturalité. Il a évolue ensuite vers des ateliers sur l’égalité et la citoyenneté, toujours organisés aujourd’hui au CFEP.